Ouvrons le débat sur « l’état d’urgence » (suite) : Urgence du commun, pas de la guerre.

  par Roger Martelli. Historien, codirecteur de   Regards  (publié dans l’Humanité du 19/02/2016)

Qu’il faille arrêter l’état d’urgence est une évidence. Il est dangereux, parce qu’il nourrit un état d’exception qui érode les libertés. Il est inefficace, parce qu’il n’écarte pas le risque qu’il prétend conjurer. Il est contre-productif, parce qu’il attise les braises au lieu de les éteindre.

Il faut donc mettre fin à ce monstre juridique et se garder de toute constitutionnalisation de son exercice. Mais si l’on ne veut pas que le même processus se reproduise périodiquement, on devrait aller au-delà. Il convient d’abord de comprendre ce qui est au cœur de la légitimation de « l’urgence ». Sa base est dans l’affirmation sans cesse répétée depuis au moins janvier 2015, à gauche comme à droite : « Nous sommes en guerre ».

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