Combattre la crise du mal-logement, un enjeu démocratique.

Il faut adapter les politiques du logement à la diversité des territoires. Les enjeux ne sont pas les mêmes d’un territoire à l’autre.

La France connaît une ségrégation spatiale importante, caractérisée par la concentration de la pauvreté et des difficultés sociales dans certains quartiers. Nos élus, sous pression de l’état, face à la loi, sont contraints  de créer du logement social. Hélas, ceux-ci sont souvent inadaptés aux nombreux besoins des ménages (inadéquation entre les niveaux de ressources des demandeurs et les loyers de certains logements neufs). Quant aux caractéristiques physiques du parc social, elles ne correspondent pas assez aux besoins des ménages (T1 6%) et moins de 10% de T5 (T6 restant le parent pauvre). Beaumont,  comme d’autres communes dans l’agglomération, fait le choix « consensuel et simpliste» du type moyen (T2, T3).

Le 22ème rapport « Fondation abbé Pierre » vient de sortir quelques mois avant des élections nationales majeures pour notre pays. Loin de régresser, le mal logement s’installe et n’est que le reflet des inégalités. Pour les pauvres et les précaires, le logement est facteur d’exclusion ; pour les couches populaires et les classes moyennes, la principale source de fragilité réside dans le coût du logement qui dégrade leur pouvoir d’achat. La croissance des dépenses contraintes (logement, charges …) est inversement proportionnelle au revenu des ménages.

Le rapport révèle des tendances alarmantes à l’aggravation (4 millions souffrent de mal-logement  – 12,1 millions de personnes sont touchées à des degrés divers par la crise du logement).

Il faut adapter les politiques du logement à la diversité des territoires. Les enjeux ne sont pas les mêmes d’un territoire à l’autre.

L’état impulse une politique mais il faut aussi dépasser les frontières municipales trop étroites, travailler au niveau des intercommunalités, des métropoles…Cela passe par une politique fiscale et urbaine visant à réguler les marchés, redistribuer la rente foncière, partager la terre et les espaces.

Le rapport pointe les carences, les erreurs, les manques et  fait des propositions à la fois sur le court  et long terme.

Le mal-logement n’est pas une fatalité, il faut, comme dans de nombreux domaines une vraie volonté politique. A ceux qui ne voient dans l’indigent qu’un coût pour la société, il faut avoir à l’esprit que bâtir, rénover, louer des logements décents créent des richesses.

Comme le disait l’abbé Pierre : « La politique, ça consiste uniquement à savoir à qui on prend du fric et à qui on va le donner »

Christian Bernaud

  Voici le lien vers le rapport :

http://www.fondation-abbe-pierre.fr/sites/default/files/content-files/files/22e_rapport_etat_du_mal-logement_en_france_2017_-_fondation_abbe_pierre.pdf

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