Vers une sixième extinction massive des espèces ?

Pesticides et abeilles : l'UE doit se décider

 Combien d’espèces disparaissent chaque année ?

26.000 espèces

Tous les ans, plus de 26 000 espèces disparaissent de la surface de la planète, des espèces issues de la flore et  de la faune sauvages.

Conséquence constatée du réchauffement, l’accroissement du nombre de jours de croissance en plus chez les espèces animales et végétales :elles vont se réveiller plus tôt et retourner en sommeil plus tard : au total 5 jours de différence par décennie.

Du fait du réchauffement, de la pollution, des activités humaines et de l’urbanisation le nombre d’espèces vivantes pourrait bien être fortement affecté : on estime à environ 10 millions le nombre d’espèces vivant sur Terre, dont 1,8 sont recensées à ce jour

La disparition des espèces, à une vitesse unique dans l’histoire

14 espèces animales disparues - DIAPOToute espèce a une durée de vie limitée de l’ordre de 5 à 10 millions d’années. A partir de l’espérance de vie des espèces et de leur nombre, il est possible de calculer un taux d’extinction global, qui correspond à la proportion d’espèces qui disparaît pendant un intervalle de temps donné. Au cours des 65 derniers millions d’années, le taux d’extinction moyen a tourné autour d’une extinction par an pour un million d’espèces.

Des extinctions d’espèces parfois massives

Ces événements sont généralement restreints et ne touchent que quelques espèces à la fois. Toutefois, l’histoire de la Terre a été marquée par cinq crises majeures d’extinction s’échelonnant de 500 millions d’années (Ordovicien) à 5 millions d’années (Crétacé).

Dans l’ordre chronologique :

  • fin de l’Ordovicien (440 millions d’années) ;
  • fin du Dévonien (365 millions d’années) ;
  • fin du Permien (225 millions d’années, extinction la plus massive avec la disparition de plus de 50 % des espèces terrestres et de 75 % des espèces marines) ;
  • fin du Trias (210 millions d’années) ;
  • fin du Crétacé (65 millions d’années) : extinction des dinosaures.

Mais aujourd’hui le taux de disparition d’espèces serait 100  fois supérieur.

Vers une sixième extinction massive des espèces ?

Beaucoup d’études scientifiques s’avèrent très alarmistes. Par exemple de récents travaux affirment l’extinction possible de 15% à 37% des espèces de la planète d’ici 2050 sous l’effet du réchauffement climatique.  Même si ces études donnent encore lieu à des discussions, on se trouverait dans une période d’extinction massive.

Pour certains chercheurs, une nouvelle phase d’extinction, la sixième, a été amorcée voici environ 13.000 à 16.000 ans.

Pour preuve, aujourd’hui en moyenne une espèce d’oiseau et une espèce de mammifère disparaissent chaque année. Comme ces deux groupes comportent respectivement 10.000 et 5.000 espèces, cela reviendrait à dire, en simplifiant les calculs, que la durée de vie d’une espèce de vertébré serait de l’ordre de 10.000 ans, alors que l’on sait que la durée de vie d’une espèce fossile est estimée à plusieurs millions d’années !

A la conférence de Nagoya (Convention sur la diversité biologique), en 2010, on s’était félicité de l’atteinte de 13 % d’aires protégées (AP) terrestres sur la planète. Mais  au même moment, on constate disparition de la grande faune africaine, en particulier en Afrique francophone. Les massacres récents d’éléphants au Cameroun, en sont une illustration. Le rhinocéros noir d’Afrique centrale s’est éteint dans l’indifférence, les populations de grands singes s’étiolent, l’hippopotame, espèce pourtant commune, régresse.

La liste rouge des espèces menacées dans le monde

Selon l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) en 2015 :

  • 23250 espèces de plantes et d’animaux sont menacées d’extinction. Un chiffre sans doute sous-estimé : moins de 3 % des 1.9 millions d’espèces ont été évalués pour la Liste Rouge UICN.
  • 1,9 million d’espèces végétales et animales sont connues, c’est-à-dire décrites et nommées. Selon les estimations, il en resterait 10 ou 100 millions à découvrir.
  • Lors des 500 dernières années,  l’activité humaine aurait été responsable de l’extinction de 834 espèces.
  • 25 % des mammifères, 13% des oiseaux et 41% des amphibiens seront très fortement menacés d’extinction dans un futur proche,
  • Le nombre total d’espèces menacées a augmenté de 5205 à 23250 depuis 1996.

Les pays où les espèces disparaissent le plus vite sont  l’Indonésie, l’Inde, le Brésil, et la Chine. La France se situe au huitième rang des pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées : 2043 des espèces menacées au niveau mondial sont présentes sur son territoire en métropole et en outre-mer. 

La faune et la flore menacées en Île-de-France

Selon Natureparif, il y a 4  «réservoirs de biodiversité» à préserver en priorité : les forêts de Fontainebleau (77) et de Rambouillet (78), les pelouses calcaires (comme celles situées près d’Etampes), et les zones humides bordant la Seine dans le sud de la Seine-et-Marne.

Sur les 302 espèces de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et de poissons vivant dans la région, un quart est menacé selon Natureparif.

L’urbanisation, en rognant leur habitat naturel, et les pesticides agricoles menacent particulièrement certaines espèces comme une quinzaine d’espèces de chauves-souris, l’hermine, le busard cendré,  la bécasse des bois ou le brochet.

Le chat sauvage et le cerf, très répandus en raison de l’absence de grands prédateurs, s ‘en tirent mieux.

Les principales menaces qui pèsent sur la biodiversité sont :

  • la destruction et dégradation de l’habitat
  • la sur-exploitation (pêche, extraction, braconnage…)
  • la pollution
  • les maladies
  • l’invasion d’espèces étrangères
  • le changement climatique qui implique des changements de migration

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