Ouvrons le débat : 2017, année électorale, ça se prépare, collectivement (3).

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Compte-rendu de la réunion Ensemble! avec Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise ( Jeudi 30/06/16)
Présent.es :
pour la France Insoumise, Mathilde (chargé du suivi des groupes d’appui), Clémence (chargée du programme), Alexis Corbière, Liem Hoang Ngoc et Jean-Luc Mélenchon,
pour Ensemble ! François Calaret, Ingrid Hayes, Patrice Moingeon, Alain Montaufray

Introduction
Nous avons introduit la discussion dans les termes suivants :
Proposition de discuter de l’articulation entre la nécessaire refondation d’une alternative politique et les échéances électorales de 2017, sans aborder d’autres points qui peuvent faire débat.
Synthèse du consensus adopté à l’AG des 11-12 juin en la matière.

Rappel de notre calendrier
3 questions plus précises :
– Ensemble ! est favorable à des candidatures de rassemblement aux élections présidentielle et législatives, ce qui suppose la construction d’un front, d’une coalition de forces. Quel processus de construction d’une campagne commune, quelles initiatives et propositions pour que JLM soit le candidat d’un rassemblement, issu d’une démarche collective ?

– La France insoumise : est-ce qu’elle est considérée comme le cadre unique, comment sont
envisagées d’éventuelles alliances entre la France insoumise et des forces qui n’y participeraient pas ?
– L’après 2017 : Ensemble ! se situe dans la perspective d’une refondation de la gauche de transformation sociale et écologiste, pas seulement en 2017 mais surtout ensuite, refondation que le Fdg n’est pas parvenu à impulser.Est-il possible de clarifier le projet porté par la France insoumise et la campagne de JLM en la matière, et d’expliquer jusqu’à quel point il est subordonné au cadre de la France Insoumise ?

Réponse Jean-Luc Mélenchon :
Jean-Luc Mélenchon a longuement répondu en rappelant les conditions du lancement de sa candidature (le refus des partenaires du Fdg de la soutenir d’emblée, le lancement de la primaire Joffrin/Cohn Bendit qui l’a poussé à accélérer le rythme, vu son refus du principe de primaires et l’importance de partir tôt pour s’enraciner, etc.), l’acquis de 2012 et les expériences internationales.

Il a ensuite expliqué le fonctionnement du mouvement La France insoumise (FI), qui ne constitue pas encore un cadre très formalisé (« on en fait ce qu’on veut »).Il est dit que le brouillon de tout cela était le M6R et des expériences latino-américaines, etc.

Il s’agit d’un mouvement fédéré par l’action et un programme et deux campagnes électorales en 2017 considérées comme constituant une seule réalité politique. La France insoumise (FI) est un cadre qui dans son esprit se substitue au Fdg, considéré comme terminé.
Ses structures de base, locales, appelées groupes d’appui, qui doivent rester des petites structures, regroupent des individus, pas des formations politiques ou sociales.
Elles seront amenées à prendre deux décisions après le premier tour (si JLM ne franchit pas cette étape), la consigne de vote pour le 2e tour et le maintien ou non de la FI comme mouvement permanent.
Les premières assises auront lieu mi-octobre et porteront sur le programme, dont une première version publique non définitive sera publiée à l’issue de ces assises.
Trois questions sont indiquées comme devant compléter l’Humain d’abord :
l’économie de la mer,
la conquête de l’espace,
l’Europe.
L’élaboration du programme a trois sources différentes, l’Humain d’abord, programme de 2012, les amendements des groupes d’appui et les contributions des partis qui s’associent au mouvement.
Le programme se construit à travers des « auditions » réalisé par les coordinateurs.
Il sera publié, ainsi qu’une série de livrets thématiques. A cette élaboration devraient s’ajouter le travail d’ « ateliers législatifs ».
Aux groupes d’appui vient s’adjoindre un « espace politique », qui regroupe les organisations politiques qui soutiennent, les « bouts d’organisations politiques » qui soutiennent, les revues (type Mémoire des luttes ) et les personnalités. S’ajouteront peut être d’autres espaces, un espace « citoyens en entreprise », éventuellement un espace « jeunes » et peut-être aussi un espace intellectuel. A ces groupes et espaces s’ajoute l’Assemblée Représentative, constituée de membres tiré-es au sort dans les groupes d’appui, et où les organisations en soutien pourraient être présentes.
L’articulation et la place de tous ces éléments n’ont pas vraiment été pensées encore.

Globalement, trois prismes se superposent dans l’analyse qui nous fut livrée :
– Sur le bilan tiré des expériences européennes, pour JL Mélenchon l’étape est close des Die Linke, Syriza, Podemos les deux premières considérées comme épuisées parce que formées à partir de la fusion d’organisations pré-existantes, la 3e plus valorisée quoique « trop verticale » et jugée peut-être plombée électoralement par Izquierda Unida.
– Le refus de subir à nouveau de quelque manière que ce soit le rapport de forces imposé par le PCF, voire de se retrouver à nouveau dans un cadre commun type Front de gauche avec le PCF.
Toute une série d’éléments mis en place (l’association de financement unique présidentielle/législatives, la volonté de désigner 577 candidat.es, tout comme le PCF va désigner les siens, et sans envisager d’alliance, le fait de proposer aux organisations non de se dissoudre formellement mais de rejoindre le cadre de la FI …) sont explicitement justifiés ainsi.
Mais en réponse à la question de savoir comment des forces politiques comme E ! ou le PCF pourraient éventuellement s’associer en soutien à sa candidature, il est dit après hésitation « la FI ne va pas redevenir à nouveau un FdG avec des partis»…
Sur l’hypothèse que la position de Marie Georges Buffet en soutien à sa candidature devienne majoritaire au sein du PCF, JLM répond qu’il n’envisage pas cette hypothèse étant «profondément pessimiste sur cette possibilité ».

– L’analyse de la période, soulignée à la serpe par Liem et Corbières, sur l’idée qu’il ne faut pas recommencer la construction d’un front ou d’un rassemblement de forces comme nous l’avions fait entre 2009 et la campagne de 2012 et après, que les partis sont discrédités, que la convergence de forces ne produit pas automatiquement une dynamique mais plutôt des ambiguïtés, que l’important est la posture et la manière de l’incarner en toute clarté, loin de « la soupe » et « des parlottes ».
Pour JL Mélenchon, la période des fronts, des rassemblements de forces politiques est finie, terminée.
EELV ne fait pas partie des forces avec qui chercher une alliance, jugée inconsistante voire nuisible, ainsi que les socialistes dissidents.
Il n’est pas vraiment question de secteurs de mouvements sociaux qui pourraient être impliqués dans une nouvelle construction, mais d’individus qui « appuient ».

– A la question posée sur les perspectives d’une refondation à gauche après 2017,
la réponse est simple : c’est la France Insoumise, encore en cours de définition, qui en sera le cadre.

La réunion s’est déroulée dans un climat correct, avec l’expression d’une certaine ouverture en notre direction, au sens où Corbière et Mélenchon cherchaient à nous convaincre qu’en les rejoignant on aurait de l’or dans les mains (au sens propre et
au sens figuré), et la réponse à notre questionnement sur le type d’association
possible avec des forces qui ne rejoindraient pas la FI est pour l’heure jugée trop abstraite.
Nous avons indiqué que nous ferions part de ces échanges au sein d’Ensemble !,

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