Loi Macron / Loi NOTRe / Conférence de Paris : le transport dans tous ses états

Avec la loi Macron  qui instaure la libéralisation du transport en autocar longue distance, les compagnies de bus sont dans les starting-blocks. Les quatre compagnies de bus qui se partagent le marché français ont un appétit débordant.

Et pour cause, le ministère de l’Economie prévoit dès l’an prochain près de 5 millions d’usagers contre 110.000 aujourd’hui. Les entreprises soignent leurs offres pour être prêtes dès cet été.

Pourtant la conférence de Paris sur les changements climatiques – COP 21 – aura lieu du 30 novembre au 15 décembre 2015 . Or il s’avère que les émissions de gaz à effet de serre sont 2 fois plus importantes par passager transporté en bus plutôt qu’en train.

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Pour ne pas s’arrêter à cette seule contradiction, la loi NOTRe – nouvelle organisation territoriale de la république – avait précédemment  confié le transport interurbain, régulier et à la demande aux régions, régions déjà chargées de l’organisation du transport ferroviaire (TER) et désignées chefs de file de l’intermodalité par la loi Maptam -modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles.

De beaux imbroglios  en perspective !

Il est fort à parier in fine que les voyageurs paieront d’une façon ou d’une autre le prix fort de cette  libéralisation des transports.

loi macron : la libéralisation du transport par autocars à l’assemblée

 Le débat a été vif entre une partie des députés de gauche, Front de Gauche, écologistes et certains socialistes, inquiets notamment d’une concurrence néfaste au train et d’effets néfastes sur l’environnement et l’aménagement du territoire, et le ministre ou le rapporteur thématique Gilles Savary (PS).

La libéralisation du transport par autocars « si c’est complémentaire » du train et si cela ne correspond pas à un service « low cost » notamment pour les jeunes, l’écologiste Jean-Louis Roumégas a redouté que « le privé aille là où c’est rentable ».

Le Front de Gauche a reproché au gouvernement de « sous-estimer gravement l’impact sur une offre de transport ferroviaire considérablement fragilisée » et sur l’emploi dans l’industrie ferroviaire française mais aussi de manquer de « volonté politique pour sortir le système ferroviaire de l’ornière ».

« Vous êtes en train de briser des digues en ouvrant à tout va au libéralisme », a reproché le chef de file du groupe, André Chassaigne. « Si vous mettez une ligne de bus par autoroute entre Clermont-Ferrand et Saint-Etienne, cela intéressera un entrepreneur privé mais il y aura une accentuation des difficultés de la ligne ferroviaire et pas le même service », selon l’élu du  Puy-de-Dôme. « Nous sommes en train de tuer une ligne ferroviaire » Nantes Lyon, a renchéri son collègue Nicolas Sansu.

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