L’argent ne manque pas !

La débauche de cadeaux fiscaux (dont les plus riches ont bénéficié en priorité) opérée entre 2000 et 2010 représente une perte annuelle de ressources publiques de 82 milliards d’euros (les recettes de l’ Etat sont passées de 18,3% à 14,1% du PIB). Contrairement à une idée répandue, cette chute est très loin d’être compensée par la montée des impôts locaux :
la recette de ces taxes, par ailleurs très injustes car non progressives, n’a augmenté dans le même temps que de 4,6 à 5% du PIB.

La Cour des Comptes estimait en 2008 qu’il existe une bonne centaines de niches fiscales en plus des 509 niches officielles. Au total celles-ci correspondraient à une perte de recette de 146 milliards d’euros … l’année où la France a injecté 396 milliards dans ses banques privées pour les sauver de la faillite. La fraude fiscale coûterait 30 milliards, l’évasion vers les paradis fiscaux de 30 à 40 milliards. On peut ajouter les dépenses militaires bien plus élevées qu’en Allemagne (50% par habitant).

Et cela n’a pas cessé , ainsi 20 milliards ont été affectés sans aucun contrôle de résultat en 2013 au CICE, crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi. Bien sûr toutes ses sommes ne sont pas mobilisables immédiatement, mais on pourrait avec de la volonté politique trouver 80 milliards de recettes supplémentaires annuelles (4 points de PIB). Le manque apparent de ressources n’est pas un problème économique, c’est la conséquence d’une politique de classe dont les victimes sont les catégories populaires et les classes moyennes. Ce n’est pas un problème pour notre pays de manque d’argent c’est un problème
de répartition et d’utilisation de cet argent.

Suite aux transferts de compétences, mal compensés, de l’Etat vers le Département depuis 2005, l’Etat doit aujourd’hui plus de 255 millions d’euros aux contribuables Puydomois. Cet argent est la différence entre ce que coûtent réellement les compétences transférées, comme le RSA et l’APA, et les dotations de l’Etat.

A l’époque, tous les élus de gauche dénonçaient ce racket organisé par l’Etat. Mais depuis l’arrivée de François Hollande au pouvoir, seuls les élus communistes et du Front de gauche continuent à dénoncer l’attitude de l’Etat envers le département. Pour 2015, le département perdra 4,5 M€  en dotation de fonctionnement. Dans le même temps, le gouvernement a augmenté les dépenses de fonctionnement des collectivités. Par exemple, la réforme des rythmes scolaires augmente les frais de transports à la charge du département sans compensation.

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