Dans une PME, 3 salariés menacés de licenciement pour avoir fait grève le 31 mars

Samedi, 2 Avril, 2016.Humanite.fr
photo Joël Lumien

Trois salariés d’une entreprise de métallurgie du Nord qui ont fait grève jeudi 31 contre la loi travail ont reçu vendredi « une convocation à un entretien préalable à licenciement éventuel pour faute grave ».

« Nous envisageons de procéder à votre licenciement pour faute grave (…). Alors que notre entreprise se trouve en grand danger de survie (…), nous sommes confrontés à une absence inopinée de votre part qui désorganise (la) production », peut-on lire dans ces trois lettres reçues et dont l’AFP publie des extraits.

« Ces salariés n’ont pas demandé la permission de faire grève (…). S’ils en avaient fait la demande, je n’aurais jamais envoyé cette lettre », a affirmé à l’AFP François Segard, PDG de « Fonderies du nord », située à Hazebrouck (Nord), où une trentaine de salariés fabriquent des pièces en acier inoxydable depuis 1963. La direction de l’entreprise écrit également n’avoir eu « connaissance d’aucun avis de grève ni au plan national », « ni au niveau de la branche professionnelle », ni d' »aucune grève interne à notre entreprise ».

« C’est faux! Ces trois personnes ont clairement prévenu la direction une semaine avant », a indiqué David Waegemacker, responsable communication de l’union locale CGT d’Armentières (Nord) qui précise par ailleurs que dans le privé, en dehors des entreprises de transport, les salariés n’ont pas l’obligation de prévenir en avance la direction de leur volonté de faire grève.
« Quand j’ai appris cette nouvelle, je pensais que c’était une blague, je me suis dit +c’est le 1er avril+ », a-t-il ajouté, précisant que seuls ces trois salariés ont fait grève dans l’entreprise.
Cet argument de la permission avancé par la direction semble par ailleurs contradictoire avec le contenu de la lettre où il est écrit: « vous nous indiquez devoir vous rendre à une grève et vous nous donnez comme justificatif le document joint » qui était un tract de la CGT.
Les trois salariés sont convoqués le 8 avril « en vue d’un entretien préalable ».

 

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