Michelin à Clermont (suite du billet d’humeur) : 17.000 salariés en moins en trente-quatre ans

La montagne (2/03/2016)
La suppression par Michelin de 494 postes à Clermont-Ferrand confirme une tendance lourde, inexorable depuis la fin des années 1970.

L’annonce ce mardi 1er mars 2016 de la suppression par la direction de Michelin de la fermeture de l’atelier rechapage poids lourd de La Combaude d’ici fin 2017 – qui signifie la suppression de 330 emplois – provoque une onde de choc dans la capitale auvergnate. D’autant que le site de la Combaude n’est pas le seul visé. 164 postes d’ingénieurs vont aussi disparaître fin 2018 aux Carmes et à Ladoux.

 Depuis la fin des Trente Glorieuses, plus de 15.000 emplois ont été supprimés en trente ans, les cadres remplaçant peu à peu les ouvriers. Si le groupe est présent dans 170 pays, le nombre d’agents de production dans les différents sites de production de l’agglomération clermontoise est en baisse constante.
En 1992, il y avait 8.000 agents. Vingt ans plus tard, fin 2012, il n’y en avait plus que 4.000 dans la capitale auvergnate. Au total, entre ces deux dates, les effectifs clermontois sont passés de 16.500 à 12.500. On est loin du pic des 28.000 salariés, atteint en 1982.
Un émoi d’autant plus grand que Clermont et Michelin, c’est une longue histoire. A la fin du 19e siècle, Clermont-Ferrand n’est que la petite préfecture d’un département agricole riche de 50.000 habitants en 1911. A cette époque, avant la Première guerre, le développement de Michelin favorise l’urbanisation entre les noyaux anciens de Clermont et Mont-Ferrand. Les premières cités Michelin apparaissent à proximité du site originel des Carmes.
Puis, entre les deux guerres, la firme continue de s’étendre dans la ville et gagne le nord. La croissance des effectifs de Michelin (50 salariés en 1889 et 18.000 en 1926) explique l’essor démographique de Clermont-Ferrand.

• LES CHIFFRES A  RETENIR

• 330. Le nombre de salariés actuel de l’atelier de rechapage poids lourds de La Combaude, qui cessera son activité d’ici fin 2017.
• 2.800. C’est le nombre d’agents de fabrication qui subsistent sur les différents sites clermontois, dont un millier à La Combaude. Ils étaient 8.000 en 1992.
• 164. Le nombre de suppressions de postes à l’ingénierie d’ici 2018. Ce secteur emploie 2.400 salariés dans le monde, 1.100 en France et 970 à Clermont-Ferrand. 
 
• 300. Le nombre de salariés à reclasser en interne, selon la direction, qui estime à 200 les départs absorbés par les départs à la retraite ou en préretraite d’ici 2018.
 
• 1.300. C’est le nombre de départs à la retraite programmés sur les sites clermontois d’ici 2018, dont 500 agents de production et 800 collaborateurs ou cadres.
• 1.000. D’ici 2018, Michelin embauchera au moins 1.000 employés par an en France. Ce qui représente 800 embauches à Clermont, dont 400 agents de fabrication.
• 11.000 aujourd’hui. Le nombre global actuel et arrondi des salariés Michelin à Clermont-Ferrand : 3.300 aux Carmes, 1.000 à La Combaude, 2.400 à Cataroux, 600 aux Gravanches, 3.300 à Ladoux et 300 à Chantemerle.
• 28.000 en 1982. Le pic des salariés Michelin à Clermont, c’est 28.000, en 1982. Dix ans plus tard, l’effectif était déjà réduit à 16.500.
 
 

Nicolas Faucon 

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