11-Novembre : il faut réhabiliter les « fusillés pour l’exemple » de la Grande Guerre.

Nouvelle imageIl n’y a pas qu’un moyen d’abolir enfin la guerre contre les peuples, c’est d’abolir la guerre entre les individus , c’est d’abolir la guerre économique, le désordre de la société présente.
La guerre est de l’essence du capitalisme et la racine de la guerre ne sera arrachée que lorsque la capitalisme lui-même aura été arraché.
Dans le monde capitaliste, il y a une guerre permanente, éternelle, universelle : c’est la guerre de tous contre tous, des individus dans une classe, des classes contre les classes dans une nation, des nations contre les nations , des races contre les races.
Oui, le capitalisme et la guerre sont liés , le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage.
On parle de guerre imminente, mais sait-on de quoi on parle ?


Qu’on n’imagine pas une guerre courte se résolvant en quelques coups de foudre et quelques jaillissements d’éclairs. Ce sera des collisions formidables et lentes. Ce seront des masse humaines qui fermenteront dans le maladie, dans la détresse , dans la douleur, sous les ravages des obus multipliés!
« Tous les gouvernements de l’Europe répètent : cette guerre serait un crime et une folie. Et les mêmes gouvernements diront peut-être à des millions d’hommes : c’est votre devoir d’entrer dans ce crime et dans cette folie. E t si ces hommes protestent , s’ils s’essaient d’un bout à l’autre de l’Europe de briser cette chaîne horrible, on les appellera des scélérats et des traitres et on aiguisera contre eux tous les châtiments. »
Et c’est bien cela qui arrive une fois la guerre enclenchée
Quand petit à petit la phrase de Barbusse  » GUERRE A LA GUERRE » qui résume à elle seule toute la pensée de Jaurès, commence à conquérir les cœurs de nombreux soldats , conscients d’être de la piétaille, d’être les sacrifiés au cœur d’une boucherie sans nom
Ces soldats commandés par des généraux d’une autre guerre dont on se demande bien quel usage ils avaient fait des budgets militaires
Ces soldats qui se rebellent contre l’horreur
Ces soldats sont passés par les armes après des simulacres de procès.
650 fusillés pour 2500 condamnations à mort prononcées.
En France malgré les promesses successives aucune réhabilitation collective de ces hommes ! Ces soldats qui avaient oublié que déjà en 1895 le rapporteur de la loi militaire déclarant à la tribune de l’assemblée « quand on parle d’armée il ne faut plus parler de démocratie » avait été acclamé.
Ces hommes auxquels Jaurès pensait en écrivant « l’armée nouvelle » où il imagine des soldats impliqués démocratiquement dans l’organisation et l’élaboration de la défense de leur pays.
Ces hommes que la réponse de l’Etat Major particulier de la Présidence de la République fusille une deuxième fois en affirmant, dans la réponse au vœu porté par la municipalité de Beaumont en décembre 2013, à la veille du début des commémorations de la grande guerre, que ces hommes avaient failli à leur devoir.

Ainsi la vieille France des Versaillais n’en finit pas , d’hier à aujourd’hui, de régler ses comptes avec le peuple libre.

Christine THOMAS et quelques citations de Jean Jaurès

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