Bref compte-rendu de la réunion organisée à Ceyrat par l’Atelier du Front de Gauche le 21 octobre : « communauté urbaine de Clermont, parlons-en »

Près de 40 personnes ont participé à cette réunion d’information et d’analyse de la future « communauté urbaine de Clermont-Ferrand »

IMG_1400

 François Ulrich (PG-FDG), conseiller municipal de Beaumont a présenté les objectifs de cette réunion et le rôle d’éducation populaire de L’Atelier du Front de Gauche dans le canton et a animé le débat.

Christine Thomas (PCF-FDG), conseillère municipale de Beaumont, Florent Naranjo (Ensemble-FDG), conseiller communautaire de Clermont-Ferrand et Yves Gueydon (PG-FDG),co-secretaire départemental  ont dessiné les contours de la transformation de Clermont Communauté en Communauté Urbaine et de leurs limites.

 Les points forts de ce débat :

Une simplification des structures administratives ?…pas sûr

L’aspect dominant que reflètent les interventions, à la tribune comme dans la salle, est la réduction de l’espace démocratique. Nous voici devant la dernière étape d’un processus de concentration économique tendant à éloigner les gens des décisions. On délaisse les citoyens. Il y a reprise en mains par l’Etat de l’organisation de nos territoires. Avec toujours la concurrence plutôt que la coopération, nous assistons à la remise en cause de la logique de solidarité qui caractérisait l’organisation territoriale de la France. Avec la mise en place d’une communauté urbaine et les transferts de compétences inhérents à cette restructuration, quel est le devenir des fonctionnaires territoriaux des communes ? N’y a-t-il pas là de quoi craindre un recul des services publics ? Tout est orchestré autour d’une soumission de plus à la finance. On « détricote » la République : tout le monde en concurrence !

Des analyses, des exemples

Le projet nous est présenté d’une manière essentiellement technique insistant sur deux idées-forces : attractivité et compétitivité. Nous devons raisonnablement nous interroger sur la pertinence de l’échelle choisie pour la discussion et engager la réflexion au plus près des citoyens. Et oserons-nous un parallèle avec la Grèce qui, il y a quelques années, a conduit une réforme territoriale de grande ampleur ? Nos villes (communautés urbaines ? métropoles ?…) sont trop grandes, trop polluées, trop chères. On nous propose une restructuration de Clermont Communauté qui ressemble à une capitalisation boursière. Il n’y a pas d’ambition locale.

Quelques exemples

Plusieurs intervenants évoquent le service de l’eau ou les logements sociaux. Dans le cadre de la mutualisation au sein d’une communauté urbaine donnent-ils lieu à un nivellement par le haut ou par le bas ? Et qui paye pour amener tout le monde à la qualité haute ? Dans cette dernière perspective comment agir pour faire prendre conscience des problèmes au citoyen « moyen » ? Avec l’exemple des sports, il apparaît très clairement que ce sont les consultants qui élaborent les projets, plus les élus. Au contraire nous devons faire en sorte que toutes les questions techniques soient tranchées politiquement.

Des propositions

Elles s’expriment au travers de l’affirmation de trois exigences :
– agir contre l’austérité
– répondre à la crise
– demander plus de démocratie
La mutualisation dans une communauté urbaine devrait pouvoir déboucher sur une harmonisation fiscale et sociale.
Il faut faire se lever un grand mouvement, arrêter, prendre le temps du débat, prendre le temps de remettre le citoyen au centre du jeu. Cela entraîne la demande d’un moratoire à la mise en application de la réforme.

Des sensibilités complémentaires

La question du devenir des communes est largement discutée. Beaucoup d’interrogations, beaucoup d’inquiétudes accompagnent la perspective de la disparition de ce qui devrait être l’espace de démocratie le plus proche des citoyens, spécificité française héritée de la Révolution. Mais peut-on ignorer pour autant les avantages d’une mutualisation qui pourrait permettre de mieux répartir les richesses ? Cela mérite réflexion. L’important est dans le projet politique. Actuellement (et encore dans le meilleur des cas) le citoyen s’en tient à la délégation de pouvoir. Comment mailler le territoire pour faire participer les gens ?

Cette dualité d’appréciation du devenir des communes conduit vers la fin de la réunion. Quel est finalement le véritable pouvoir des élus locaux? Quel est le bilan de Clermont Communauté ? Quelle démocratie attendre dans la future communauté urbaine ? La nécessité d’une démocratie locale se double de la nécessité d’un statut de l’élu.

En définitive la discussion a été très riche, marquée par l’émergence d’analyses au travers desquelles se sont exprimées des sensibilités différentes mais sûrement complémentaires. L’Atelier du Front de Gauche a vocation de les fédérer.

Laisser un commentaire