« Je suis français et sénégalais. La déchéance de nationalité, je l’ai prise comme une insulte. » « Je suis française et chilienne… c’est comme si on me rejetait d’un coup ». « Je suis franco-marocain… je suis devenu un français de sursis. » « Je suis français et argentin. Binational, c’est ce qui me constitue… » Ils ont entre 20 et 40 ans. Vivent et travaillent à Paris ou en région parisienne. Ils ont deux origines, deux cultures, deux langues différentes. Ils témoignent face caméra de ce que la déchéance de nationalité déclenche chez eux : loin d’être un outil de lutte contre le terrorisme, cette mesure porte de quoi renforcer leurs sentiments de discrimination voire de relégation. Ainsi que la peur d’être amputés d’une partie d’eux-mêmes en cas de « délit », comme le projet de loi de réforme constitutionnelle qui arrive en discussion à l’Assemblée le 5 février le stipule.