« La gauche » par François Taillandier, écrivain

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Il y a des expressions essentiellement forgées pour faire passer en douce un mode de pensée qui accepte (à l’insu de son plein gré ?) le système d’injustices et d’aliénations qui nous gouverne. On est alors enfermé, parfois sans s’en rendre compte, dans un labyrinthe dont toutes les issues sont bouchées.

Aujourd’hui : « La gauche »  (humanité.fr)

«De quoi la gauche est-elle malade ? » titre ce mois-ci Philosophie Magazine. Je répondrai sans hésiter : de son nom, qui finit par ne plus rien signifier du tout. Ainsi les journalistes parlent-ils volontiers de la primaire de la gauche. C’est oublier que M. Mélenchon, qui n’en est pas, se dit aussi de gauche ; il a même créé un mouvement nommé Parti de gauche, appellation que j’ai toujours trouvée un peu vague. Et M. Macron, qui évite désormais ce mot, a tout de même été mis en orbite par un président dit de gauche. Et les écologistes, pourquoi sont-ils de gauche ? On peut être monarchiste bourbonien, adepte du druidisme, tout ce que vous voudrez, et être passionné par les questions environnementales. Ça existe !

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La trouille de la Révolution ?

Jean OrtizDimanche, 17 Avril, 2016 – L’Humanité

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La sémantique sait mentir lorsque les classes dominantes s’en emparent, l’instrumentalisent.

Le sang dans les rues, l’échafaud, le couteau entre les dents… les révolutionnaires qui mangent les petits enfants, qui te prennent la ferme et tu dois la fermer, qui collectivisent tous tes biens et les moins biens, qui endoctrinent dès le berceau, qui te font réciter tous les matins la pensée du camarade en chef, « génie des Pyrénées » ou de Saints-Amants, d’Albine, des Rousses, d’Argelos, de la Mer du Nord, de Montcuq, de Palavas sans flots, de Saint-Justin, d’Aiguillon… L’horreur, « el horror », l’horreur absolue vous dis-je, et non absoute… (fin de délire)

Elle s’avance presque en s’excusant de prendre cette parole que «la société » refuse d’ordinaire aux jeunes. Elle s’accroche à son idée : elle « n’est pas pour la révolution » parce que « cela ne concerne que la trajectoire du soleil ». Elle a raison, mais elle évacue la polysémie des mots.

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LA « REFORME » EL KHOMRI SUR LE CODE DU TRAVAIL

Nouvelle image (12)Ce billet n’a pas pour objet de décortiquer le projet de réforme du code du travail. De nombreux responsables syndicaux, politiques et bien au-delà font ce travail. D’ailleurs près d’1 million de citoyens ont déjà signé une pétition manifestant leur opposition.

Non, ce petit billet veut juste attirer l’attention sur le poids dissimulé des mots.
Exemple : en première ligne de ce présent texte, est employé le mot « réforme ». Dans l’absolu et dans l’imaginaire collectif, le vocable « réforme » a une connotation positive et favorable au commun. Sauf que, depuis environ 20 ans, ce terme trompeur masque une réalité violente. Désormais, on réforme afin d’entrer dans le cadre des politiques idéologiquement dominantes (libérales, européistes, antisociales, ….) et plus du tout pour améliorer le quotidien de chacun.

Le projet El Khomri est à ce titre un exemple révélateur de l’utilisation idéologique des mots :

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Les escrocs de la radicalité

Nouvelle image (12)Il y a des escrocs de la sémantique comme il y des escrocs de la mémoire. Tous  tentent de dépolitiser,  de vider de son contenu de classe, de consensualiser, voire d’éliminer, la mémoire populaire, celle du monde des travailleurs. Au diable leurs visions du monde, les rapports de classe, les différentes formes de lutte, l’histoire ouvrière, la nécessité de se « connecter » à ce passé, de le faire vivre au présent.

Il s’agit de nous priver des outils de compréhension, d’analyse, de maîtrise, de la société actuelle. Et de nous interdire de la transformer.
Il en va de même avec la « radicalité ». Etre radical, c’était hier, selon le champ lexical, botanique, physique, politique, etc. aller (ou partir) à la racine, à la nature et aux causes profondes des choses, transformer complètement…Un militant radical, un discours radical, un programme radical, cela équivalait le plus souvent à « révolutionnaire ».Sauf à être membre du parti radical, aussi radical que messe du dimanche.

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Charge sociale ou cotisation sociale ?

Nouvelle image (12)Il y a des expressions essentiellement forgées pour faire passer en douce un mode de pensée qui accepte (à l’insu de son plein gré ?) le système d’injustices et d’aliénations qui nous gouverne. On est alors enfermé, parfois sans s’en rendre compte, dans un labyrinthe dont toutes les issues sont bouchées.

Aujourd’hui : Charge sociale 

Cotisation sociale, part de la valeur ajoutée qui va à la santé, aux retraites, etc. Le mot « charge » vise à évoquer une « tare » qui « pèse » sur le dynamisme nécessaire des entreprises.

Nouvelle image (12) Il y a des expressions essentiellement forgées pour faire passer en douce un mode de pensée qui accepte (à l’insu de son plein gré ?) le système d’injustices et d’aliénations qui nous gouverne. On est alors enfermé, parfois sans s’en rendre compte, dans un labyrinthe dont toutes les issues sont bouchées.

Aujourd’hui : Bavures

Bombardements autant de populations civiles que d’objectifs militaires. Ces frappes sont « ciblées » (mais ratent souvent leurs cibles) et « chirurgicales ». Elles ne visent que les « terroristes ». Les morts des « femmes, enfants et vieillards » sont alors des « bavures ».

INouvelle image (12)l y a des expressions essentiellement forgées pour faire passer en douce un mode de pensée qui accepte (à l’insu de son plein gré ?) le système d’injustices et d’aliénations qui nous gouverne. On est alors enfermé, parfois sans s’en rendre compte, dans un labyrinthe dont toutes les issues sont bouchées.

Aujourd’hui : Ajustement structurel (programme d’)

Traduction hâtive de l’anglo-américain structural adjustment.

Officiellement : prêts « accordés » par certaines institutions internationales (FMI et Banque Mondiale) à certains pays pauvres très endettés en contrepartie de certains efforts de leur part.

Réalité : chantage exercé contre certains gouvernements et populations en grande difficulté pour les aligner sur les canons de l’ultra-néolibéralisme (réduction des dépenses sociales et services publics, privatisations, ouverture en grand des vannes pour les « investisseurs étrangers », transfert massif des revenus du travail vers le capital et la finance).